INFORMATIONS BELGIQUE

Memorandum sur l’Emploi des Seniors (45+)

SeniorFlex ASBL

Memorandum sur l’Emploi des Seniors (45+)                        2015

 

La plupart des pays doivent faire face au problème de la gestion du vieillissement et du chômage des seniors.

Certains ont pris des dispositions sévères et s’en sortent, d’autres font des essais en tenant compte des propositions des personnes concernées et font des progrès.
Les Seniors sont rejetés du Marché du travail parce qu’on a répété pendant 30 ans « Place aux Jeunes ! », et en Belgique, le discours n’a jamais officiellement changé. Peu d’actions ont été mises en place pour corriger ce point de vue.

Maintenant, les discours politiques concernent l’insupportable chômage des jeunes, mais celui des seniors n’a pas l’air de déranger quiconque. Dès lors, le chômage de longue durée chez les seniors, engendre un drame humain, social et économique.

 

Comme nous l’avons cité au Ministre Fédéral de l’Emploi, Mr Kris Peeters, par courrier du 19 février 2015 « ils sont devenus invisibles, inexistants, discrédités, soupçonnés d’être les auteurs de leur situation, les responsables du malheur d’autrui et de leurs proches alors qu’ils ne sont que des victimes sacrifiées sur l’autel des dictats économiques qui régissent les politiques actuelles.(Hors d’être- Fr3, - Réalisatrice Pascale Fournier)

Seniorflex Asbl représente depuis 2003 les seniors qui souhaitent retrouver un emploi ou continuer à exercer une activité professionnelle, en Belgique et en France.

L’année européenne du Vieillissement en 2012 a été l’occasion de prise de conscience et de nouvelles mesures ou expérimentations dans de nombreux pays et certains ont été récompensés par l’Europe.
En Belgique, la participation officielle a été particulièrement faible (ex : SeniorFlex était la seule participante belge à la cérémonie de remise des prix) On ne peut que constater l’incohérence et la disparité des quelques mesures prises en Belgique, mais totalement dénuées de prise de conscience collective dans notre pays...

Il y a cependant urgence. La réforme des pensions, un mal nécessaire, va prolonger la vie active théorique jusque 67 ans, alors qu’aujourd’hui, on déplore toujours le rejet des seniors par le marché du travail, dès 45 ans.
Mais personne ne se préoccupe du « comment trouver un job entre 45 et 67 ans » !!

Comment favoriser la prolongation d’une vie professionnelle qui est indispensable pour l’équilibre de la Sécurité Sociale et des régimes de retraite? 

  1. Image : Il faut d’abord travailler sur l’opinion publique.
    Des campagnes de communication ciblées et prolongées devraient mettre en évidence la richesse de l’expérience, la réserve de compétences utiles, la transmission du know how.
    On ne change pas 30 ans de préjugés tenaces et mal fondés, par un bref affichage dans le métro... Il faut changer les mentalités et publier les bonnes pratiques.

  2. En coopération avec la FEB et L’Union des Classes Moyennes, et Unizo, il faut alerter le milieu des entreprises sur les pénuries de compétences qui deviennent préoccupantes en raison de la démographie et du vieillissement général. Une évaluation des compétences indispensables à l’entreprise doit être tenue à jour et la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences doit en découler  de façon permanente (GPEC).

  3. Le manque de formation est critique pour les jeunes, mais l’absence de mise à jour des formations des seniors est dramatique et amplifie leur rejet, c’est un gaspillage impardonnable pour notre économie
    La formation continuée
    est une assurance  de continuité de l’employabilité des seniors

Il faut soutenir le  maintien des compétences et  l’évolution de ces compétences en fonction de l’évolution des métiers.

  1. Pour investir dans le futur, les entreprises doivent prendre soin de leurs « porteurs de know how » et construire des conditions de travail valorisantes et attrayantes afin de les conserver, sans pour autant négliger l’innovation.
    Mettre en place une gestion de la Flexibilité des carrières , des conditions de travail, des horaires

  2. (temps partiel), des statuts, des fonctions, et  instaurer  un dialogue annuel impératif pour s’adapter à l’évolution.
    Le vieillissement se fait à un rythme individuel. L’adaptation des postes de travail est un axe important pour le maintien dans l’emploi des seniors et de leur productivité. De bonnes pratiques réalisées en Allemagne peuvent servir d’exemple.
  3. Un Plan pour l’emploi doit être revu et adapté chaque année,  évalué, et comporter des sanctions,  sous peine de rester lettre morte.
  4. Il faut également introduire  la flexibilité dans le cadre juridique du Travail.
    Le droit social est encombré de mesures rigides et contraignantes qui ne reflètent plus la situation actuelle du marché de l’emploi :

Il faut revoir et corriger :

  1. l’interdiction de délégation de personnel,
  2. le statut unique et la suppression de la période d’essai (qui entraine des freins à l’embauche pour les PME),
  3. l’hostilité  envers le portage salarial, qui a pourtant fait ses preuves en France
  4. l’absence de statut allégé pour les indépendants débutants
    (pas d’auto-entrepreneur en Belgique, ni de portage salarial !)
  5. L’inorganisation du marché du Télétravail et du Travail à Distance indépendant – qu’est- ce que le télétravail, Quelles sont les règles ? Comment trouver des missions ? Quelle taxation ?
  6. Les cotisations sociales, dites de solidarité, sans avantage correspondant en cas d’activité d’un pensionné.
  7. Le manque de soutien pour l’activité des seniors  dès 50 ans  (ou même avant !)
  8. Les contraintes et l’hostilité de toute la règlementation envers les emplois à temps partiel,  
  9. Les effets pervers de certaines réglementation, plafonds, pénalités   des règlements et des lois  (notamment la limite des revenus autorisés d’une activité indépendante accessoire = 4000€ par an, quand on est chômeur !- ou les impôts sur l’activité d’un pensionné...)

 

  1. 8.       Tout ce fatras demande des actions de simplification concertées  à tous niveaux, de tous domaines de compétence, en cessant de se renvoyer la balle avec hypocrisie ! Les implications sont multiples et donc concernent l’action coordonnée de plusieurs ministères.

 

  1. Après cette simplification, il faut en outre des incitants.
    Les nouvelles obligations des seniors – au plan fédéral !- sont mal perçues quand on leur supprime en même temps le libre parcours dans les transports en commun des 3 Régions ! (janvier 2013)
     Pour les encourager à continuer  une activité, il faut absolument concerter les actions au lieu d’élever des barrières entre salariés et indépendants, ou entre Régions !

 

  1. La discrimination à l’embauche, sur base de l’âge doit être remplacée par une appréciation des compétences pour la fonction à pourvoir. Le Centre pour l’égalité des chances a reconnu que l’âge venait en tête des facteurs discriminants !
    Tout dispositif destiné à mettre l’accent sur les compétences doit être renforcé, et encouragé,  
    telle la Validation des compétences, appliquée avec succès en Irlande depuis 1998, ou la GPEC (Gestion prévisionnelle de l’emploi et des Compétences) trop peu répandue parmi les Ressources Humaines, en Belgique.
    Or, tout le monde ne vieillit pas  en même temps, ni de la même façon.
    Il serait temps d’en tenir compte !

 

  1. Certains métiers disparaissent, des secrets de fabrication, des tours de main se perdent...la culture d’entreprise  s’oublie.
    La transmission des savoirs et des savoir- faire est indispensable. Un senior qui part est une bibliothèque de savoir- faire perdu pour l’entreprise, et donc pour le pays

 

  1. Il y a des pénuries dans l’enseignement, en particulier en cas d’absence pour maladie ou pour formation.
    Pourrait- on envisager l’intérim volontaire- et rémunérédans l’enseignement , pour des durées même relativement courtes, au lieu d’envoyer les enfants faire des cocottes en papier à l’étude dirigée ? Les directeurs d’écoles sont très intéressés par cette possibilité, mais n’ont aucun budget pour ce faire !

 

  1. L’emploi au- delà de 65 ans est très mal apprécié par la règlementation existante :

Dans la règlementation du chômage, après cette limite fatidique, on disparait de la scène, on devient invisible, on n’est plus demandeur d’emploi, on ne peut avoir accès à aucune aide... Pourquoi ? Cotisations à fonds perdus, interdictions, suspicions diverses...Malgré les nouvelles dispositions, il reste encore bien des plafonds à supprimer !
Si le Fédéral encourage la vie active jusqu’à 65, voire 67 ans, il faut que le Régional  adapte ses règles. La flexibilité cohérente doit être le principe de toute activité.

 

  1. Une dernière observation : beaucoup de gens sont convaincus que si les seniors travaillent plus, il y aura moins d’emploi pour les autres. C’est totalement faux, car le marché du travail est extensible ;  plus les seniors gagnent de pouvoir d’achat, plus cet argent retourne dans l’économie et crée de la demande...donc de l’emploi.

 

  1. Quant aux jeunes, via à vis des seniors,  ils ne sont pas concurrents, mais complémentaires : leurs compétences ne sont pas les mêmes que celles des seniors, ni leurs façons de faire.  Les pays voisins ont d’ailleurs constaté que le chômage des jeunes allait de pair avec le peu d’activité des seniors.
    L’idéal est de travailler en intergénérationnel, dans le respect et l’appréciation des atouts de chacun. Là se trouve la meilleure source de créativité et d’innovation. Favorisons les mesures intergénérationnelles comme dans nos pays voisins, France, Allemagne ....

 

  1. Enfin une considération générale :
    Les seniors ressentent le rejet du marché du travail dès 45 ans.
    Or le chômage de longue duréeest auto-destructeur, il entraine  perte de compétences, disparition de métiers, et pauvreté croissante (assimilation rikiki pour les droits à la pension !) ce qui coûte cher à la Sécurité sociale ou à l’Etat (CAP-aides sociales). Avec la longévité accrue et les rigidités du timing administratif, allons- nous vraiment devoir supporter la foule Papyboom pendant 40 ans d’inactivité ?

 

  1. 17.    Ne serait- ce pas plus productif de libérer  des contraintes, et de soutenir financièrement ceux qui souhaitent continuer à  travailler ?  Subsidier des formations  et du coaching de réorientation, plutôt que payer à fonds perdus des chômeurs et des indigents ? Financer le travail est plus productif que financer le chômage !

 

  1. Il s’agit d’un choix de société. La mission de l’Etat Fédéral est de faire des choix d’orientation, et il n’est peut- être pas trop tard, mais il est grand temps : le taux d’activité des seniors en Belgique est le plus bas de tout l’OCDE, à 3 exceptions près...

 

 SeniorFlex asbl-vzw se tient à la disposition de tous ceux qui comprennent que le travail des seniors qui le souhaitent est une ressource qu’il convient de soutenir et valoriser.

A propos

Nous sommes des femmes et des hommes de bonne volonté, luttant en Belgique et en France, depuis 2003, contre la discrimination par l'âge dont font l'objet les seniors et pour la liberté de choix de ceux qui désirent continuer à exercer une activité lucrative après 45 ans, sans subir rejets, préjugés, pénalités ni contraintes administratives.

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