«En Europe, il est prévu que le nombre de personnes retraitées double d’ici à 2060 par rapport au nombre de celles qui financent leurs retraites : la situation actuelle n’est tout simplement pas viable », a souligné, le mercredi 7 juillet, le commissaire européen à l’emploi, Laszlo Andor, lors d’une conférence de presse.
En 2008, a-t-il rappelé, il y avait en Europe quatre personnes en âge de travailler (15-64 ans) pour une personne de 65 ans ou plus.
En 2060, ce ratio passera à deux pour un. « Il est nécessaire de se pencher attentivement sur l’équilibre à trouver entre la durée de la vie professionnelle et celle de la retraite », a-t-il expliqué, en présentant le livre vert destiné à lancer un vaste débat sur les retraites.
Les citoyens européens, partenaires sociaux, acteurs économiques, États membres ou ONG ont jusqu’au 10 novembre prochain pour faire part de leurs avis sur l’avenir des retraites en Europe. Avec cette grande consultation, lancée par les commissaires européens Laszlo Andor, Olli Rehn (affaires économiques et monétaires) et Michel Barnier (marché intérieur et services), l’exécutif européen entend faire remonter les bonnes pratiques, fixer un cadre et ainsi mieux coordonner les mesures prises par les différents États membres pour réformer leurs systèmes de retraites.
« Assurer des systèmes de pension viables à long terme »
En clair : il faudrait aller plus loin, plus vite et, si possible, tous ensemble.
L’objectif doit être de « garantir des revenus suffisants à la retraite » et d’« assurer des systèmes de pension viables à long terme ». Et la principale voie préconisée est « de faire en sorte que le temps passé à la retraite ne continue pas à augmenter par rapport à celui passé à travailler ».
Les experts européens ont calculé que l’espérance de vie avait augmenté de deux ans et demi par décennie dans l’UE. À ce rythme, les hommes devraient vivre 8,5 ans de plus et les femmes, 6,9 ans, d’ici à 2060. Pour la Commission, cette nouvelle donne justifie le recul de l’âge de la retraite.
Les Européens pessimistes
L’autre piste avancée avec précaution par la Commission est d’encourager la retraite par capitalisation. Constatant que de nombreux États membres ont développé des mécanismes d’épargne privée, mais que leurs bénéficiaires ont pu perdre une partie de leur épargne-retraite lors de la chute des places boursières, l’exécutif européen plaide pour l’élaboration de systèmes permettant d’atténuer les « risques et la volatilité pour les travailleurs et les retraités ». « Il faut veiller à ce que les systèmes par capitalisation soient sécurisés et trouvent le juste équilibre entre efficacité et sécurité », est-il noté.
D’après un récent Eurobaromètre, 73 % des citoyens de l’UE pensent qu’ils toucheront des pensions plus faibles que celles d’aujourd’hui, qu’ils partiront plus tard à la retraite ou qu’ils devront mettre plus d’argent de côté pour leur vieillesse. Ils sont même 54 % à craindre que leur revenu de retraités ne leur permette pas de jouir d’une vie décente.
artcle par La Croix






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